Histoire du Cambodge

La datation au carbone 14 d’une grotte au nord-ouest de Spean Laang a révélé l’existence d’habitants dès 4200 av.JC. L’histoire du Cambodge a été profondément influencée par sa localisation à la croisée des deux grandes cultures de l’Inde et la Chine. Les hindous ont apporté leurs religions, hindouisme et bouddhisme, leurs langues écrites, le sanscrit et le pali, et leur génie artistique. Les Chinois ont apporté leurs savants et diplomates et ont été les premiers à décrire les royaumes émergents de la période Funan ; des royaumes disparates qui furent réunis sous le règne de Jayavarman II, qui fit fleurir l’âge d’or d’Angkor.

En 802, Jayavarman II s’auto proclama ‘Deva raja’ (Dieu roi), représentant terrestre de Shiva. La capitale fut établie à Angkor et du IXe au XIIe siècle, les rois khmers créèrent le plus grand empire d’Asie du sud-est. À son apogée, il comprenait une grande partie de la Thaïlande, du Laos et du Viet Nam d’aujourd’hui. Sous le règne de Jayavarman VII (fin XIIe), Angkor avait une population de près d’un million quand Londres n’en comptait que 40 000. Toutefois, une catastrophe se préparait ; la surpopulation, la déforestation et l’envasement combinés probablement à une période de sécheresse finirent par étouffer le vaste et ingénieux système hydraulique qui avait contribué à construire l’empire. Les rivalités religieuses et les intrigues dynastiques aboutirent à des guérillas dont les voisins profitèrent pour conquérir les avant-postes. Le Royaume du Siam (actuelle Thaïlande) assiégea Angkor à plusieurs reprises, pour finalement l’annexer en 1431. Les rois khmers déménagèrent la capitale près de Phnom Penh, stratégiquement plus sûre et plus proche des anciennes routes commerciales de l’empire.

La période du XVe au IXe siècle fut une période d’insécurité permanente en raison des attaques successives de la Thaïlande et du Viet Nam jusqu’à l’arrivée des français en 1863 qui sécurisèrent le pays et en firent un protectorat. Si les Français ont peu développé les infrastructures du Cambodge au cours de leurs 90 années de règne, ils ont permis d’éviter sa disparition et sont même parvenus à négocier la réintégration d’Angkor et des provinces occidentales annexées par le Siam, au sein de son territoire.

Le Cambodge acquit son indépendance en 1953 et connut alors une longue période de prospérité et de stabilité. Cependant, comme la guerre du Viet Nam dégénérait, le Cambodge s’est trouvé pris au piège. Le prince Sihanouk, qui prônait la neutralité, fut renversé par un coup d’Etat en Mars 1970 fomenté par le Premier ministre, Lon Nol, qui s’était rapproché des Etats-Unis pour leur soutien. Il s’ensuivit une guerre civile, un conflit qui fit des milliers de morts des deux côtés, incluant de nombreuses victimes de la campagne de bombardements américains. Finalement, les Khmers rouges arrivèrent au pouvoir le 17 avril 1975 avec l’une des révolutions les plus radicales et les plus sanglantes que le monde ait jamais connu. Les villes furent évacuées, les intellectuels massacrés, l’argent aboli, la religion bannie et les horloges furent remontées à  l’Année Zéro dans une rupture complète avec le passé dont le pays à ce jour ne s’est toujours pas véritablement remis.

Quand La résistance cambodgienne et leurs alliés vietnamiens reprirent Phnom Penh, le 7 Janvier 1979, des millions de Cambodgiens avaient disparu sous la torture, l’exécution, la famine, la maladie ou le surmenage. Ils s’attelèrent à la reconstruction d’un pays dévasté, mais une grande famine et la géopolitique de la guerre froide entravèrent leurs efforts.

Une nouvelle phase de guerre civile gronda jusqu’en 1991, lorsque les Nations Unies négocièrent un accord de paix. Les élections libres qui eurent lieu en 1993 conduisirent au pouvoir le Parti du Peuple Cambodgien et le FUNCINPEC dans une coalition qui existe toujours sous une forme ou une autre. Le Cambodge est devenu membre de l’ASEAN en 1999 et a rejoint l’OMC en 2005.